Le 25/03/20

Article mis à jour le 31/03/2020

Utilisés par le personnel médical, par les malades contaminés par le coronavirus, par les agents du service public, par les industriels de l’agroalimentaire, de la grande distribution ou par la population… les masques s’observent, mais ne se ressemblent pas.

Dans les actions de prévention du coronavirus COVID-19, trois types de masques sont concernés : les masques anti-projections, les masques de protection respiratoire, et les masques à usage non sanitaire.

Si ces 3 types de masques ont pour point commun d’être portés devant le nez et la bouche, ils sont clairement distincts :

  • ils sont de natures différentes, relevant soit des dispositifs médicaux (masques anti-projections), des équipements de protection individuelle (masques de protection respiratoire), ou des équipements de travail (masques à usage non sanitaire).
  • ils n’ont pas les mêmes fonctions de protection (réduction de la projection de gouttelettes à l’expiration ou filtration des particules dans l’air à l’inspiration) et ont donc des usages différents ;
  • ils sont fabriqués selon des cahiers des charges différents en respect de contraintes techniques et normes spécifiques, et n’utilisent pas les mêmes techniques de mises en forme des matériaux.

Alors quoi servent ces masques ? Quelles sont leurs spécificités ? Lesquels utiliser ? Réponses ci-dessous.

Les masques anti-projections

Les masques anti-projections sont également désignés « masque chirurgicaux ». Ce sont des dispositifs médicaux* testés et certifiés, qui répondent à la directive européenne 93/42/CEE.

* Un dispositif médical correspond à « tout instrument, appareil, équipement, matière, produit (à l’exception des produits d’origine humaine) y compris les accessoires et logiciels, utilisé seul ou en association, à des fins médicales chez l’homme, et dont l’action principale voulue n’est pas obtenue par des moyens pharmacologiques, immunologiques ou métaboliques. » (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – ANSM)

Les masques anti-projections sont testés à l’expiration, afin de réduire la projection des gouttelettes émises par les personnes qui portent ces masques, envers leur entourage et leur environnement. Ils protègent également celles et ceux qui les portent contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. De plus, ce masques anti-projections constituent un geste barrière en diminuant la fréquence des contacts main-bouche.

En revanche, ces masques anti-projections ne protègent pas contre l’inhalation de très fines particules en suspension dans l’air (des sécrétions issues des voies aériennes supérieures – nez, bouche, pharynx, larynx – d’une taille de moins de 5 microns, qui peuvent contenir des agents infectieux transmissibles).

Quels sont les différents types de masques, leur rôle, leur niveau de protection ?

On distingue plusieurs types de masques anti-projections :

  • les masques de type I, qui filtrent plus de 95% des bactéries,
  • les masques de type II, qui filtrent plus de 98% des bactéries,
  • les masques de type R (appliqués aux masques I ou II), qui sont résistants aux éclaboussures.

Il est recommandé de ne pas dépasser une durée maximale de 4h en moyenne pour le port d’un même masque anti-projections, selon la notice d’utilisation du fabricant.

Actuellement, ces masques anti-projections sont réservés prioritairement aux professionnels de santé, aux personnes atteintes du coronavirus COVID-19 et aux personnes en contact de personnes à risque modéré/élevé (sur prescription médicale).

Le port de ce type de masque par la population non malade n’est pas recommandé. Ce qui est en revanche efficace : respecter les fameuses « mesures barrières » (rester chez soi, limiter au strict minimum ses déplacements, se laver les mains très régulièrement, éternuer dans le pli du coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, etc.).

Les masques de protection respiratoire

Les masques de protection respiratoire, quant à eux, ne sont pas des dispositifs médicaux. Ce sont des équipements de protection individuelle (EPI)* testés et certifiés, qui répondent au règlement 2016/425 du Parlement européen (norme européenne EN 149:2001).

* Les EPI sont des « dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa sécurité ainsi que sa santé. » (Code du travail – Article R233-83-3). Parmi eux, citons les lunettes de protection, les bouchons d’oreilles, les appareils de protection respiratoire, les systèmes d’arrêt des chutes…

Les masques de protection respiratoire sont testés à l’inspiration : ce sont des masques filtrants, empêchant les personnes qui les portent d’inhaler de très fines particules en suspension dans l’air – quasiment invisibles dans l’air ambiant (ex : les poussières, les fumées, les aérosols, les agents pathogènes). Ces masques sont très largement utilisés dans le monde de la santé et dans le monde industriel (bâtiment, agro-alimentaire, métallurgie, industrie chimique…).

Les masques de protection respiratoire protègent donc celles et ceux qui les portent contre les agents infectieux transmissibles par voie aérienne (via des sécrétions issues des voies aériennes supérieures – nez, bouche, pharynx, larynx – d’une taille de moins de 5 microns). Ils les protègent à fortiori aussi contre le risque de transmission par gouttelettes, bien qu’ils ne soient pas évalués dans ce sens.

Masque de protection respiratoire

On distingue pour ces masques 3 échelons de protection, selon des tests de filtration et d’herméticité des produits :

  • les masques de type FFP1, dont le filtre ne laisse pénétrer que 20 % des particules, et dont le taux de fuite maximale au niveau du visage et du nez est de 22 % ;
  • les masques de type FFP2, dont le filtre ne laisse pénétrer que 6 % des particules, et dont le taux de fuite maximale au niveau du visage et du nez est de 8 % ;
  • les masques de type FFP3, dont le filtre ne laisse pénétrer qu’1 % des particules, et dont le taux de fuite maximale au niveau du visage et du nez est de 2 %.

Un masque de protection respiratoire individuelle est composé d’une pièce faciale (demi-masque ou masque complet) et d’un dispositif de filtration. Il existe plusieurs formes de masques de protection respiratoire : les masques « coquille dure », « bec de canard » et « à plis ».

À noter que pour qu’un masque de protection respiratoire soit étanche, il faut qu’il soit adapté à la morphologie de celui qui le porte et correctement ajusté au visage. Il est recommandé de ne pas dépasser une durée maximale de 8h pour le port d’un même appareil de protection respiratoire de type FFP, selon la notice d’utilisation du fabricant.

Actuellement, les masques de protection respiratoire sont réservés au personnel médical réalisant des gestes à risques en contact avec les personnes atteintes du coronavirus COVID-19.

Le port de ce type de masque par la population non malade n’est pas pertinent. Ce qui est en revanche efficace : les fameuses « mesures barrières » (rester chez soi, limiter au strict minimum ses déplacements, se laver les mains très régulièrement, éternuer dans le pli du coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, etc.).

Les masques à usage non sanitaire

Au terme d’une démarche supervisée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) avec le soutien de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), deux nouvelles catégories de masques à usage non sanitaire ont été créées, par une note d’information des ministères de la santé, de l’économie et des finances, et du travail du 29 mars 2020.

Masques-caissiere-Anses
  • CATÉGORIE 1 :
    Les masques individuels à usage des professionnels en contact avec le public. Ces masques sont destinés aux populations amenées à recevoir du public dans le cadre de leurs activités professionnelles (policiers, gendarmes, hôtesses de caisses, etc.). Ils filtrent au moins 90 % des particules de 3 microns.
  • CATÉGORIE 2 :
    Les masques de protection à visée collective pour protéger l’ensemble d’un groupe. Ces masques sont destinés aux individus ayant des contacts occasionnels avec d’autres personnes dans leur cadre professionnel. Ce type de masque pourra être porté par l’ensemble des individus d’un sous-groupe (entreprise, service…) ou en présence d’autres individus porteurs d’un masque d’une autre catégorie, lorsque le poste ou les conditions de travail le nécessitent. Ils filtrent au moins 70 % des particules de 3 microns.

L’utilisation de ces masques s’inscrit dans la stricte application des mesures liées au confinement, des mesures d’organisation du travail ainsi que des gestes barrières.

Vous souhaitez impliquer votre entreprise dans la réalisation de masques ? Nous vous invitons à contacter Jean-Marc VIÉNOT, Stéphan VÉRIN ou Bérangère DELABY [prenom.nom@euramaterials.eu], afin que nous puissions vous guider à travers les démarches obligatoires.

La Direction Générale des Entreprises (DGE) tient à jour sur son site la liste des entreprises en capacité de produire ces masques. Les prototypes de masques de ces entreprises ont été testés par la Direction Générale de l’Armement (DGA) et présentent un niveau d’efficacité de filtration des particules de 3 µm émises supérieur à 70 %, et de respirabilité permettant un port pendant 4h, avec perméabilité à l’air (en L.m-2.s-1) > 96 pour une dépression de 100 Pa.


S’agissant des masques confectionnés à la maison dans du tissu vestimentaire (coton ou polyester), il est important de rappeler qu’ils ne constituent en aucun cas des dispositifs médicaux. Ils ne sont pas conçus selon les. mêmes caractéristiques et normes, et n’atteignent pas le haut niveau de filtration des masques chirurgicaux ni de filtration de l’air des masques respiratoire.
Toutefois, ils ont l’avantage d’améliorer les gestes barrières, en limitant la transmission des postillons des personnes qui les portent, en diminuant la transmission par contact main-bouche et en faisant inconsciemment augmenter les distances de sécurité avec l’entourage.

D’après le référentiel ANFOR SPEC S76-001 • Masques barrières • Guide d’exigences minimales, de méthodes d’essais, de confection et d’usage • Fabrication en série et confection artisanale, publié le 27/03/2020 :

Le dispositif “masque barrière” est destiné à compléter les gestes barrières et les règles de distanciation sociale. Il est destiné au grand public et notamment à toute personne saine ou asymptomatique. Le masque barrière n’exonère aucunement l’utilisateur de l’application systématique des gestes barrières, qui sont essentiels, ainsi que des règles de distanciation sociale visant à lutter contre les infections virales. Ce dispositif n’est pas destiné à être utilisé par les personnels soignants au contact des patients. Il n’est ni un dispositif médical au sens du Règle UE/2017/745, ni un équipement de protection individuelle au sens du Règlement UE/2016/425.


Parmi nos sources externes :


Accédez à notre dossier : Comment faire face ensemble à la pandémie de coronavirus COVID-19 ?

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