Le 25/03/20

Article mis à jour le 05/02/2021

Utilisés par le personnel médical, par les malades contaminés par le coronavirus, par les agents du service public, par les industriels de l’agroalimentaire, de la grande distribution ou par la population… les masques s’observent, mais ne se ressemblent pas.

Dans les actions de prévention du coronavirus COVID-19, trois types de masques sont concernés : les masques anti-projections, les masques de protection respiratoire, et les masques “grand public filtration supérieure à 90 %” (nouvelle dénomination des masques “à usage non sanitaire de catégorie 1”).

Si ces 3 types de masques ont pour point commun d’être portés devant le nez et la bouche, ils sont clairement distincts :

  • ils sont de natures différentes, relevant soit des dispositifs médicaux (masques anti-projections), des équipements de protection individuelle (masques de protection respiratoire), ou des équipements de travail (masques à usage non sanitaire).
  • ils n’ont pas les mêmes fonctions de protection (réduction de la projection de gouttelettes à l’expiration ou filtration des particules dans l’air à l’inspiration) et ont donc des usages différents ;
  • ils sont fabriqués selon des cahiers des charges différents en respect de contraintes techniques et normes spécifiques, et n’utilisent pas les mêmes techniques de mises en forme des matériaux.

Alors quoi servent ces masques ? Quelles sont leurs spécificités ? Lesquels utiliser ?

Les masques anti-projections

Les masques anti-projections sont également désignés « masques chirurgicaux ». Ce sont des dispositifs médicaux* testés et certifiés, qui répondent à la directive européenne 93/42/CEE (norme NF EN 14683).

* Un dispositif médical correspond à « tout instrument, appareil, équipement, matière, produit (à l’exception des produits d’origine humaine) y compris les accessoires et logiciels, utilisé seul ou en association, à des fins médicales chez l’homme, et dont l’action principale voulue n’est pas obtenue par des moyens pharmacologiques, immunologiques ou métaboliques. » (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé – ANSM)

Les masques anti-projections sont testés à l’expiration, afin de réduire la projection des gouttelettes émises par les personnes qui portent ces masques, envers leur entourage et leur environnement. Ils protègent également celles et ceux qui les portent contre les projections de gouttelettes émises par une personne en vis-à-vis. De plus, ce masques anti-projections constituent un geste barrière en diminuant la fréquence des contacts main-bouche.

En revanche, ces masques anti-projections ne protègent pas contre l’inhalation de très fines particules en suspension dans l’air (des sécrétions issues des voies aériennes supérieures – nez, bouche, pharynx, larynx – d’une taille de moins de 5 microns, qui peuvent contenir des agents infectieux transmissibles).

Quels sont les différents types de masques, leur rôle, leur niveau de protection ?

On distingue plusieurs types de masques anti-projections :

  • les masques de type I, qui filtrent plus de 95% des bactéries,
  • les masques de type II, qui filtrent plus de 98% des bactéries,
  • les masques de type R (appliqués aux masques I ou II), qui sont résistants aux éclaboussures.

Il est recommandé de ne pas dépasser une durée maximale de 4h en moyenne pour le port d’un même masque anti-projections, selon la notice d’utilisation du fabricant.

Les masques de protection respiratoire

Les masques de protection respiratoire, quant à eux, ne sont pas des dispositifs médicaux. Ce sont des équipements de protection individuelle (EPI)* testés et certifiés, qui répondent au règlement 2016/425 du Parlement européen (norme européenne EN 149:2001).

* Les EPI sont des « dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa sécurité ainsi que sa santé. » (Code du travail – Article R233-83-3). Parmi eux, citons les lunettes de protection, les bouchons d’oreilles, les appareils de protection respiratoire, les systèmes d’arrêt des chutes…

Les masques de protection respiratoire sont testés à l’inspiration : ce sont des masques filtrants, empêchant les personnes qui les portent d’inhaler de très fines particules en suspension dans l’air – quasiment invisibles dans l’air ambiant (ex : les poussières, les fumées, les aérosols, les agents pathogènes). Ces masques sont très largement utilisés dans le monde de la santé et dans le monde industriel (bâtiment, agro-alimentaire, métallurgie, industrie chimique…).

Les masques de protection respiratoire protègent donc celles et ceux qui les portent contre les agents infectieux transmissibles par voie aérienne (via des sécrétions issues des voies aériennes supérieures – nez, bouche, pharynx, larynx – d’une taille de moins de 5 microns). Ils les protègent à fortiori aussi contre le risque de transmission par gouttelettes, bien qu’ils ne soient pas évalués dans ce sens.

Quels sont les différences entre les masques utilisés dans la lutte contre la Covid-19 ? Explications d'EuraMaterials

On distingue pour ces masques 3 échelons de protection, selon des tests de filtration et d’herméticité des produits :

  • les masques de type FFP1, dont le filtre ne laisse pénétrer que 20 % des particules, et dont le taux de fuite maximale au niveau du visage et du nez est de 22 % ;
  • les masques de type FFP2, dont le filtre ne laisse pénétrer que 6 % des particules, et dont le taux de fuite maximale au niveau du visage et du nez est de 8 % ;
  • les masques de type FFP3, dont le filtre ne laisse pénétrer qu’1 % des particules, et dont le taux de fuite maximale au niveau du visage et du nez est de 2 %.

Un masque de protection respiratoire individuelle est composé d’une pièce faciale (demi-masque ou masque complet) et d’un dispositif de filtration. Il existe plusieurs formes de masques de protection respiratoire : les masques « coquille dure », « bec de canard » et « à plis ».

À noter que pour qu’un masque de protection respiratoire soit étanche, il faut qu’il soit adapté à la morphologie de celui qui le porte et correctement ajusté au visage. Il est recommandé de ne pas dépasser une durée maximale de 8h pour le port d’un même appareil de protection respiratoire de type FFP, selon la notice d’utilisation du fabricant.

Les masques “grand public filtration supérieure à 90 %” (nouvelle dénomination des masques à usage non sanitaire de catégorie 1)

Les masques “grand public filtration supérieure à 90 %” (nouvelle dénomination des masques à usage non sanitaire de catégorie 1)* sont des accessoires textiles favorisant le respect des mesures barrières.

Ces masques présentent un niveau d’efficacité de filtration des particules de 3 µm émises supérieur à 90 %, et de respirabilité permettant un port pendant 4h, avec une perméabilité à l’air (en L.m-2.s-1) supérieure 96 pour une dépression de 100 Pa.

Quels sont les différences entre les masques utilisés dans la lutte contre la Covid-19 ?

Ces masques en tissu, majoritairement lavables et réutilisables, ne sont concernés par aucune norme. Seule une spécification technique (AFNOR SPEC S76-001) indique que les matières utilisées (complexes textiles) doivent atteindre les recommandations minimales des tests.

Si les résultats d’au moins un des tests n’atteignaient pas les valeurs minimales requises, les masques concernés ne pourraient alors pas prétendre être des masques “grand public filtration supérieure à 90 %”.

* Les masques à usage non sanitaire ont été créés en 2020 dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, dans le respect des spécifications de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et en lien avec l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). La production de ces masques est encadrée par une note des directeurs généraux de la santé (DGS), du travail (DGT), des entreprises (DGE), de la douane et des droits indirects (DGDDI) et de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) du 29 mars 2020, mise à jour le 28 janvier 2021.

La Direction Générale des Entreprises (DGE) tient à jour sur son site la liste des entreprises françaises en capacité de produire ces masques.

Nous avons par ailleurs répertorié les fabricants de masques de la région Hauts-de-France, répertoriés sur une carte et dans la base de données data-covid.fr.

À lire également sur notre site :
Quels sont les masques recommandés et les masques déconseillés ?
Que doit-on vérifier lors de l’achat de masques ?

Vous souhaitez impliquer votre entreprise dans la réalisation de masques ? Nous vous invitons à contacter Jean-Marc VIÉNOT, Stéphan VÉRIN ou Bérangère DELABY [prenom.nom@euramaterials.eu], afin que nous puissions vous guider à travers les démarches obligatoires.


Parmi nos sources externes :


Accédez à notre dossier : Comment faire face ensemble à la pandémie de coronavirus COVID-19 ?

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